Photo : Neil Palmer (CIAT) / Flickr CC

L’Assemblée nationale a adopté vendredi en première lecture le projet de loi de programmation relatif au développement solidaire, visant à redéfinir les objectifs et les priorités de l’aide au développement française.

Attendu depuis deux ans par les parlementaires et les ONGs, ce projet de loi intervient dans un contexte où la solidarité internationale se révèle comme un élément décisif de la sortie de crise pandémique. Plus que jamais cette épidémie nous rappelle l’interdépendance de nos sociétés et la nécessité d’une coopération entre pays pour faire face aux défis de demain, qu’ils soient sanitaires, environnementaux ou sociaux. 

C’est pour cela que la France a décidé – malgré ou plutôt en raison de la crise –  de renforcer son soutien aux pays les plus vulnérables. Le Président de la République s’était engagé lors de son élection à porter le montant de l’aide publique au développement à 0,55% du revenu national brut en 2022, contre 0,37% en 2017. Le projet de loi grave cet engagement dans le marbre et fixe une nouvelle trajectoire de 0,7% pour 2025. Ce dernier chiffre correspond à l’engagement pris par la France devant l’ONU en 1970 mais qui n’a jamais été atteint par les gouvernements successifs. 

Au-delà de ces chiffres, le projet de loi prône une vision modernisée de l’aide publique au développement, qui s’appuie sur des logiques de partenariat et de réciprocité avec les pays du Sud. Contrairement à d’autres puissances qui, par le biais de l’aide au développement, tentent d’imposer de nouvelles formes de dépendance et d’asseoir leur influence sur la scène internationale, la France souhaite accompagner ses partenaires dans le respect de leurs souverainetés nationales et vers des projets durables et créateurs de valeur. Persuadés que les solutions de demain peuvent s’inventer au Sud autant qu’au Nord, nous avons inscrit dans la loi cette dimension « partenariale » et cette volonté de construire ensemble le « Monde d’après ». Afin de garantir que cette ambition produise des actions concrètes, une commission d’évaluation indépendante est chargée de contrôler le bon usage des fonds et leur impact.  

En tant que co-animatrice du GAP Agriculture pour LREM et membre de la Commission des affaires étrangères, je me suis mobilisée ces dernières années sur ce projet de loi afin de proposer des avancées sur l’aide au développement agricole et la sécurité alimentaire. Mes rencontres et auditions avec des acteurs publics français ou internationaux (comme le CIRAD ou le FIDA) et des entreprises ou fondations privées qui investissent dans les pays du Sud m’ont conduite à déposer des amendements pour que l’objectif de souveraineté alimentaire soit au cœur de nos priorités. 

Dans ce but, j’ai notamment défendu un amendement visant à souligner l’importance de la structuration des filières agricoles et agroalimentaires dans les pays du Sud. Pour lutter contre l’insécurité alimentaire et l’exode rural dans les zones les plus vulnérables, il importe de pouvoir développer des chaines de valeur en agriculture et de limiter la dépendance aux importations pour les produits alimentaires, en optimisant les chaînes d’approvisionnement locales. Cette stratégie doit être approfondie et assumée par la France, en complément et en cohérence avec les objectifs de promotion d’une agriculture familiale et respectueuse de l’environnement et de soutien d’un développement rural inclusif.

En outre, il me paraît essentiel de reconnaître le rôle important joué par les investissements privés afin de créer des nouveaux débouchés pour les producteurs des pays du Sud et leur apporter un soutien technique et financier. C’est pourquoi j’ai œuvré pour que soit précisée dans la loi l’importance de promouvoir des partenariats entre des entreprises françaises et des producteurs de pays partenaires qui s’inscrivent dans des objectifs de durabilité économique et environnementale. Pour les produits agricoles qui ne peuvent être cultivés en France, cette démarche est une garantie pour le consommateur français de s’approvisionner auprès de filières agricoles durables et s’inscrit donc dans cet objectif de travailler ensemble au développement durable et à l’avenir de notre planète.