Il est trop facile d’utiliser un rapport sénatorial comme une arme politique en présentant la loi EGAlim comme une baguette magique. Dans l’introduction de ce même rapport, il est d’ailleurs rappelé que l’agriculture française vivait une lente agonie due au manque de vision par le passé.

Cette loi a pour ambition une juste rémunération des producteurs. Elle a été construite avec tous les acteurs de la chaine agroalimentaire, y compris les consommateurs. Stigmatiser la grande distribution est réducteur, surtout lorsque localement des contrats en direct avec les producteurs démontrent petit à petit leur efficacité.

Il est admis par les détracteurs de la loi EGAlim qu’il est trop tôt pour un bilan exhaustif. De fait, le seuil de revente à perte n’a été mis en place qu’à titre expérimental. Les organismes de producteurs ont besoin de temps pour se structurer. Des sanctions sur certaines pratiques qui perdurent sont indispensables…

Une commission d’enquête sur les pratiques commerciales de la grande distribution a été menée par l’Assemblée nationale. Si des propositions pour mettre un terme à des pratiques contestables ont été formulées, ces entités ne sont pas les seuls acteurs de la chaine à qui il est nécessaire de rappeler les engagements pris pendant les États Généraux de l’Alimentation.

Une évolution de la loi résoudrait sûrement certaines situations d’urgence : introduisons l’obligation pour tous les intervenants de respecter leurs partenaires et pour les consommateurs de donner une suite concrète à leurs revendications par leurs choix d’une alimentation locale de qualité.

Martine LEGUILLE-BALLOY – Stéphane BUCHOU – Pierre HENRIET
Députés de Vendée