Ma carrière d’avocate, spécialisée en droit agroalimentaire et droit rural, entre autres, fait que je côtoie le monde agricole et les agriculteurs depuis plus de 30 ans. Depuis toutes ces années, j’observe et j’écoute, en permanence ces hommes et ces femmes, qui nous nourrissent et entretiennent les terres, par l’exercice de leur métier de dure labeur.

Les difficultés et les problématiques ne manquent pas, mais la passion et l’envie de bien faire sont là. Un agriculteur aime ses terres et choie ses bêtes. Le désir d’amélioration est constant, que ce soit concernant la dureté du travail ou bien encore en matière de bien-être animal. Sans évolution et sans synergie, leur métier perd de son sens.

Aujourd’hui, les critiques concernant les agriculteurs et leur travail, ou « l’agribashing », sont malheureusement omniprésentes dans notre société. S’il existe quelques brebis galeuses dans le métier, on ne peut attaquer tous les agriculteurs au prétexte que le bien-être animal n’est, soi-disant, pas respecté et que l’homme ne devrait pas consommer de viande. Des actions violentes, menées par des acteurs parfois très radicaux, illustrent un climat de haine et de défiance plus qu’exagéré : intrusion dans les élevages, dégradations de commerces de viande, calomnies sur internet, etc. Oui, certaines situations, soulevées par ces lanceurs d’alertes, sont inadmissibles et doivent être dénoncées. Le monde agricole dans son entier ne doit cependant pas être systématiquement jeté en pâture à l’opinion publique à cause de cas particuliers.

Si l’évolution de la société n’y est bien sûr pas pour rien, l’émergence de ces actions violentes et coordonnées pose question. D’où vient l’incroyable puissance de feu des associations antispécistes ? Les réponses à cette question sont multiples. L’une des hypothèses émergentes est celle de financements étrangers provenant d’acteurs économiques ayant des intérêts dans la production de substitution à la viande. Bien évidemment, sans preuve aucune accusation ciblée ne peut être faite.

Ce phénomène d’agribashing et ses origines doivent faire l’objet d’une enquête. C’est pourquoi j’ai, récemment, déposé une résolution devant l’Assemblée Nationale pour demander l’ouverture d’une commission d’enquête concernant l’agribashing, le financement des associations de bien-être animal et les motivations véritables de celles-ci.