Loading...
À l'Assemblée Nationale

Glyphosate : mes explications suite aux nombreuses réactions sur mon vote

J’ai reçu de nombreuses interpellations me demandant des explications sur mon vote concernant l’inscription dans la loi de l’interdiction, sous trois ans, du glyphosate.

Précisons  d’abord que le vote ne portait pas sur l’interdiction ou la non-interdiction du glyphosate dans trois ans, car cet objectif n’est pas négociable, mais uniquement sur son inscription dans la loi.

Vous me demandez si j’assume ma décision de ne pas avoir voté pour l’inscription dans la loi. Je l’assume car faire la loi, c’est faire des arbitrages difficiles, les voter et les assumer.

Je suis contre l’utilisation du glyphosate.

J’ai soutenu notre Gouvernement dont faisait partie Nicolas Hulot à l’époque quand il a adopté une position ferme et iconoclaste en la matière au niveau européen et opté pour une interdiction à l’horizon de 3 ans.

Mais soyons cohérents et efficaces !

Il me semble utile de vous éclairer sur un point que beaucoup semble vouloir ignorer. L’interdiction du glyphosate pour les particuliers est votée et la mise en œuvre de l’interdiction est imminente mais nous constatons que les stocks de round up dans les jardineries sont dévalisés et que les commandes sur internet enrichissent de plus en plus les sites vendeurs de ce produit. Pour l’instant cette interdiction sans produit de remplacement et sans contrôle est ineffective.

Pour moi, la réduction de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques est un objectif fondamental pour la santé publique, mais aussi pour notre rapport à l’agriculture et pour le respect de l’environnement. Ceci étant, l’arrêt d’utilisation de ce produit doit être accompagné et contrôlé pour qu’il soit effectif.

La France a demandé au niveau européen à ce que le renouvellement d’autorisation d’emploi adoptée soit assortie de restrictions et qu’un effort commun soit pris au niveau communautaire pour accélérer le développement d’alternatives au glyphosate car, dans le cadre du marché intérieur, il est essentiel que les mêmes règles s’appliquent pour tous les pays de l’UE.

Le Président de la République et les députés ont d’ores et déjà œuvré pour que toutes les pistes soient étudiées pour atteindre, dès 2021, cet objectif clair de sortie du glyphosate.

Le Gouvernement a réuni, au cours du mois de juin 2018, les représentants du monde agricole, de l’agro-alimentaire et de la distribution ainsi que les acteurs de la recherche et de l’innovation pour s’engager dans la sortie définitive de l’utilisation du glyphosate. Afin de permettre la pleine mobilisation des filières et un suivi en toute transparence par les parlementaires et les citoyens des progrès accomplis, le ministre de l’Agriculture et le ministre de la Transition écologique ont notamment annoncé la création d’un centre de ressources, le renforcement des actions d’accompagnement, le suivi des quantités vendues et utilisées ou encore la mobilisation des réseaux territoriaux des chambres d’agriculture.

Dans le cadre de la présentation du plan Ecophyto II +, le Gouvernement a également décidé qu’une évaluation comparative sera conduite et que tous les usages pour lesquels des solutions alternatives non chimiques existent et sont couramment utilisées se verront interdire l’utilisation de produits contenant du glyphosate.

En plus, notre groupe a demandé la création d’une mission d’information sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate, dont les travaux débuteront le 27 septembre prochain.

Soyez certains que je prendrai mes responsabilités en demandant l’inscription de cette interdiction dans la loi si les acteurs ne se saisissent pas du sujet dans le temps imparti.

Sachez que notre majorité reste particulièrement mobilisée sur la réduction de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques en France. Nous avons adopté l’interdiction des remises, rabais et ristournes sur l’ensemble de ces produits ainsi que la séparation capitalistique des activités de vente et de conseil. L’objectif de sortie du glyphosate d’ici 3 ans et, plus globalement, de réduction de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques sont nos objectifs comme l’arrêt le plus rapide possible du broyage des poussins et autres dispositions indispensables qui n’ont jamais été mises en oeuvre.

J’espère avoir répondu à vos interrogations. L’organisation de toutes mutations, et l’arrêt de l’utilisation du glyphosate est une mutation indispensable, appelle détermination et pragmatisme. Je suis déterminée et pragmatique.

Pour finir sur une note qui serait drôle si elle n’était pas affligeante, certains insinuent dans leurs courriers, que j’aurais reçu des cadeaux ou de l’argent de Bayer ou autres lobbies intéressés par l’utilisation du glyphosate.

Outre le fait que je voudrais faire remarquer à ceux qui m’adressent de si gentilles missives, outrancières et grossières de surcroit, que je ne crois pas que BAYER  me paierait pour soutenir à Bruxelles l’interdiction la plus rapide possible de leur produit ni pour faire partie de la commission de suivi de l’arrêt d’utilisation du Glyphosate, je les invite à cadrer leur temps et leur énergie sur de plus nobles utilisations : allez donc proposer vos services aux agriculteurs pour désherber leurs champs cela accélèrerait la fin de l’utilisation du glyphosate !

 

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer